Notre site existe depuis bientôt 5 ans et nous avons plus de 32.365 visites, alors plus que jamais le visiter, c’est l’adopter…!!!

Mis en avant

Chavoua Tov, Bonjour à tous,

Notre site Beth-Hillel a bientôt cinq ans, et le nombre de visites continue de progresser chaque semaine (!!!) nous venons de dépasser les 32.365 visites. BRAVO ET MERCI A VOUS, IL FAUT CONTINUER A VOUS CONNECTER ENCORE PLUS NOMBREUX, CAR NOUS SOMMES LA POUR VOUS !!!

Continuez à vous connecter régulièrement mais aussi faites savoir autour de vous que notre site existe, qu’il possède désormais sa propre adresse internet (différente de la précédente) et qu’il tient informé de manière conviviale chaque semaine notre communauté (horaires des offices, Kiddouch, info et vie de la communauté, articles divers et variés…etc…). Si vous ne l’avez pas encore fait, pour vous en faciliter l’accès nous vous proposons vivement de l’enregistrer dans vos favoris :                                                            http://communaute-j.fr/bethhillel-sucy/

Le site permet de vous tenir informés chaque semaine de tout ce qui concerne notre belle communauté de Sucy avec, le déroulement des offices et les horaires, les évènements qui vous concernent, le mot de notre Président, également celui du Rav, ou encore un brin d’actualité générale sur ce qui se passe dans la communauté juive en France et beaucoup d’autres choses.

Mais il est également à votre disposition, vous pouvez participer au contenu de ce site en cliquant dans la rubrique : Contact, cette zone est spécialement prévue pour vos messages. N’hésitez pas à nous faire part de vos demandes, remarques, critiques ou encouragements, chacun de vos messages sera traité, c’est notre engagement.

Nous comptons sur vous pour continuer à consulter votre nouveau site le plus souvent possible, mais surtout aussi régulièrement que possible pour ne pas manquer une information.

A bientôt,

Kol Touv.

23 et 24 novembre 2018 : Chabbat Vayichla’h

Mis en avant

Tout le Conseil d’Administration de Beth-Hillel Sucy en Brie ainsi que son Rabbin, vous souhaite à tous et toutes, un chaleureux Chabbat Chalom.

Merci d’être ponctuel afin de permettre aux offices de se dérouler dans les meilleures conditions.                                                                                                      

Vendredi 23 novembre Allumage bougies de Chabbat : 16h44 

Samedi 24 novembre Fin de Chabbat : 17h53

Résumé de la Paracha : 

Jacob retourne en Terre Sainte après 20 ans passés à ‘Haran. Il envoie des anges messagers vers Esaü dans l’espoir d’une réconciliation, mais les messagers lui rapportent que son frère vient dans sa direction accompagné de quatre cents hommes armés. Jacob se prépare au combat, prie, et adresse à son frère un important don de bétail dans l’espoir de l’apaiser.

Au cours de la nuit qui précède leur rencontre, Jacob fait traverser la rivière Yabbok à sa famille et à ses possessions. Lui, cependant, reste en arrière et rencontre un ange qui représente l’esprit de d’Esaü, avec lequel il lutte jusqu’à l’aube. Bien qu’atteint à la hanche, Jacob est vainqueur. L’ange lui donne alors le nom d’Israël, « Car, dit-il, tu as combattu contre des puissances célestes et des hommes et tu es resté fort ».

Jacob et Esaü se rencontrent enfin. Les deux frères jumeaux s’embrassent puis chacun reprend son chemin.

Jacob acquiert un terrain près de Sichem dont le prince (qui s’appelle également Sichem) enlève et viole Dina, fille de Jacob. Ses frères, Simon et Lévi la vengent en passant tous les hommes du lieu au fil de l’épée après les avoir rendus vulnérables en les convainquant de se circoncire. Jacob leur en fait le reproche.

Jacob reprend son voyage. D.ieu lui apparaît à nouveau et le bénit. Il lui dit « ton nom désormais ne sera plus Jacob, ton nom sera Israël ».

Rachel meurt en donnant naissance à son second fils, Benjamin. Elle est inhumée au bord de la route, près de Bethléem. Reuben perd son droit d’aînesse pour avoir interféré dans la vie maritale de son père. Jacob rejoint son père Isaac à Hébron, qui décède plus tard à l’âge de 180 ans (Rebecca est décédée avant l’arrivée de Jacob).

La paracha s’achève par l’énonciation détaillée de la famille d’Esaü, ses femmes, ses enfants et petits-enfants, et les lignées familiales des habitants de Séïr parmi lesquels Esaü s’est installé…

Haftarah : Hazone obadiah

Horaires des Offices  :                                                                                                                                                                                                                                     Vendredi 23 novembre : Minha 16hxx (merci de vous mobiliser) suivi de l’office du vendredi soir, veille de Chabbat.

Samedi 24 novembre : Office de Chaharit 9h30 , suivi d’un Kiddouch , Cours du Rav 17hxx, Minha suivi de Arvit 18hxx.

Comme chaque semaine, nous comptons sur votre présence et votre ponctualité aux offices pour assurer un minyan unitaire.

Discours de bonne année 5779 de la Communauté Chrétienne de Sucy en Brie

Le 10 septembre 2018

Roch Hachana 5779 à Sucy en Brie,

Chers amis,

Merci une fois de plus de nous accueillir chez vous dans votre synagogue.

A l’occasion de Roch Hachana, c’est avec plaisir que nous vous remettons cette affiche fruit du travail des représentants de la communauté catholique et des représentants de la fédération protestante de France.

La carte et l’affiche sont l’œuvre de Frank Lalou, calligraphe de renom.

Les lettres hébraïques forment l’expression « Chana Tova » qui signifie « Bonne année ». Si ces lettres sont tronquées c’est pour exprimer l’inaccompli

La citation biblique qui figure sur cette affiche dit : « Je marcherai en présence du Seigneur sur la terre des vivants ». Cette citation est extraite du psaume 116 (114-115), verset 9, psaume chanté lors des fêtes juives.

C’est un poème qui dit la détresse, en même temps que la confiance du croyant et son assurance en la justice et l’amour de Dieu, sauveur de la mort. Rejoignant le message du prophète Isaïe prêchant les merveilles accomplies par Dieu pour le peuple hébreux, le psalmiste redit sa foi en la présence de D.ieu qui est toujours là, sur la terre des vivants (par opposition au chéol « ce lieu de mort » (v. 3).

Le nouvel an juif est, tout à la fois, un temps de repentance, de renaissance et de renouvellement c’est le temps d’une recréation intime, favorisée par les trois T (1) : Tefila, Teshouva, Tsedaka

• la Tefila (prière) : « Lorsque tu pries, sache devant qui tu te tiens » (Maximes des Pères).

• la Teshouva (repentir) : ce « retour qui permet, paradoxalement, d’aller de l’avant. Autrement dit, le repentir permet un nouveau départ

• la Tsedaka (charité) : une exigence de justice sociale. La Tsedaka est un acte de justice qui en réparant concrètement le tissu social, témoigne de l’amour de Dieu insufflé en l’homme.

Les convocations d’automnes permettent, ainsi, à l’homme de se transfigurer, d’opérer des changements structurels dans la vie, en un mot, de renaître.

Si « Dialoguer signifie être convaincu que l’autre a quelque chose de bon à dire, faire de la place à son point de vue, à ses propositions. Dialoguer ne signifie pas renoncer à ses propres idées et traditions, mais à la prétention qu’elles soient uniques et absolues. » (2)

Alors le dialogue devient progressivement un devoir pour de plus en plus de juifs et de chrétiens.

Ce dialogue, nous essayons de le mettre en pratique dans nos rencontres de l’AJC du Val de Marne, dialogue qui vise à favoriser l’écoute, l’échange, sans tomber dans le syncrétisme et sans gommer les spécificités et particularités de chacune de nos religions. C’est pourquoi, nos rencontres entre juifs et chrétiens sont là pour permettre la connaissance mutuelle des traditions de foi de l’autre en abordant des questions que nous avons en commun : place de la femme (février 2019), la lecture des Écritures (mai 2019) … mais aussi en abordant des questions qui nous séparent : telle la question de la messianité (octobre 2018).

A l’aube de ce nouvel an tournons nous vers le Tout Puissant, Avinu Malkeinu  (3):

* qu’il nous accorde le désir infatigable de travailler avec toujours plus de courage et d’insistance pour le dialogue, la justice et la paix, pour le pardon et la réconciliation, et pour tout ce qui peut être considéré comme «Tikkun Olam » (4).

* qu’il nous accorde le désir infatigable de renforcer les liens cordiaux d’amitié entre nous

Ces liens cordiaux nous permettons de dire : « Priez pour la paix de Jérusalem : ‘Paix à ceux qui t’aiment ! Que la paix règne dans tes murs, le bonheur dans tes palais !’ A cause de mes frères et de mes proches, je dirai : ‘Paix sur toi !’ A cause de la maison du Seigneur notre Dieu, je désire ton bien. » (Psaume 122).

« Que cette année s’achève avec ses vicissitudes et que la nouvelle débute avec ses bénédictions. »

Puissions-nous dire comme le psalmiste dans le psaume 118 (verset 34,148, 172):

34 « Montre-moi comment garder ta loi, que je l’observe de tout cœur. »

148 «Car mes yeux devancent la fin de la nuit pour méditer sur ta promesse. »

172 « Et que ma langue redise tes promesses, car tout est justice en tes volontés. »

Puisse 5779, être pour chacun, chacune d’entre vous et pour vos familles une année de sérénité et de joie

Shana Tova et Gmar Hatima Tova (5)

Que l’Eternel vous bénisse.

Pierre Girard, président de l’AJC du Val de Marne

1 ou T3                                                                                                                              2 Message pour la XLVIIIe Journée mondiale des communications sociales (1 juin 2014).                                                                                                                                3 Notre Père, Notre Roi                                                                                                     4 Réparation du monde                                                                                                     5 Bonne, douce et heureuse année

Horaires des fêtes de Tichri 5779/2018

A vous fidèles internautes, je profite de ce message pour vous souhaiter, à toutes et à tous Chana Tova Oumetouka, Gmar Hatima Tova, Hag Sameah de la part du site de la communauté Beth Hillel de Sucy en Brie.
En priant pour que, chacun d’entre nous, soit inscrit et scellé dans le livre de la vie.

Communauté juive de Sucy Espace Beth Hillel

בס״ד

Veillée de Hochaana Rabbah                                                                                     Nuit de samedi 29 septembre au Dimanche30 septembre à partir de minuit            Office du matin 8h00

Chemini Atseret – Simha Torah
Dimanche 30 septembre Minha 19h00 Allumage avant 19h13
Lundi 1 octobre Chaharit 9h30
Cours  18h20 Minha 19h20                                                                                       Soirée de Simha Torah à partir de 20h00 Allumage à partir de 20h16                      Mardi 2 octobre Chaharit 9h30                                                                                 Cours  18h15 Minha 19h15 Arvit et fin de fête 20h16

Hag Sameah, Chana Tova – Bonne année à tous

Une journée à la mémoire des victimes de la Shoah…

Chaque année, en Israël et partout dans le monde, un hommage est rendu lors de Yom HaShoah aux 6 millions de Juifs morts durant la Seconde Guerre mondiale, victimes des nazis et de leurs collaborateurs.

En France, 76 000 Juifs – dont 11 400 enfants – ont été déportés vers les camps de la mort. Seuls 2 600 d’entre eux survécurent.

En 2018, Yom HaShoah se tiendra les mercredi 11 et jeudi 12 avril. Vous trouverez sur le site yomhashoah.fr le programme des manifestations organisées à cette occasion en France.

Lecture des noms des déportés juifs de France

Cette année seront lus les noms des Juifs de France déportés par les convois n°71 à 85, des Juifs morts en camp d’internement en France, exécutés comme résistants, comme otages ou abattus sommairement (listes 90 et 91), et des personnes déportées par les convois n°1 à 20.

Du mercredi 11 avril 2018, 19h
au jeudi 12 avril, 18h45

Mémorial de la Shoah
17 rue Geoffroy-L’Asnier 75004 Paris

Lecture du Kaddish au Mémorial de la Shoah

Jeudi 12 avril 2018

à 7h45

17 rue Geoffroy-L’Asnier 75004 Paris

OFFICE SOLENNEL

Jeudi 12 avril 2018

à 19h30

Synagogue des Tournelles

21 bis rue des Tournelles – 75004 Paris

Discours d’Emmanuel Macron lors de l’hommage national au lieutenant-colonel Arnaud Beltrame

Le président de la République Emmanuel Macron a prononcé ce discours le 28 mars, dans la cour des Invalides, en hommage au lieutenant-colonel Arnaud Beltrame tué dans l’attentat de Trèbes (Aude). Le gendarme avait volontairement pris la place d’une femme retenue comme otage.

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Messieurs les Présidents,
Monsieur le Premier ministre,
Madame et Messieurs les Premiers ministres,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Mesdames et Messieurs les Officiers généraux,
Mesdames et Messieurs les Officiers, Sous-officiers, Gendarmes adjoints volontaires d’active ou de réserve, personnels civils de la Gendarmerie nationale,
Chère Madame BELTRAME,
Chère Madame NICOLIC-BELTRAME,
Chères familles,
Mesdames et Messieurs,

Il était environ onze heures ce vendredi 23 mars 2018, lorsque le lieutenant-colonel Arnaud BELTRAME s’est présenté avec ses hommes devant la grande surface de Trèbes dans l’Aude.

Un quart d’heure seulement leur avait suffi pour être sur les lieux.

Que savait-il à ce moment-là du terroriste qui s’y était retranché ?

Il savait qu’il avait un peu plus tôt tué le passager d’un véhicule, Jean-Michel MAZIERES, et grièvement blessé son conducteur Renato GOMES DA SILVA.

Qu’il avait fait feu sur des CRS aux abords de leur caserne et blessé l’un d’entre eux à l’épaule, le brigadier Frédéric POIROT (phon).

Que dans ce commerce où il s’était retranché il avait abattu deux hommes à bout portant : Hervé SOSNA, un client, et Christian MEDVES, le chef boucher.

Nous pensons en cet instant à ces blessés, à ces morts, nos morts, et à leurs familles dans le recueillement.

Il savait aussi que le terroriste détenait une employée en otage. Qu’il se réclamait de cette hydre islamiste qui avait tant meurtri notre pays. Qu’avide de néant ce meurtrier cherchait la mort. Cherchait sa mort. Cette mort que d’autres avant lui avaient trouvée. Une mort qu’ils croyaient glorieuse, mais qui était abjecte : une mort qui serait pour longtemps la honte de sa famille, la honte des siens et de nombre de ses coreligionnaires ; une mort lâche, obtenue par l’assassinat d’innocents.

L’employée prise en otage était de ces innocents.

Pour le terroriste qui la tenait sous la menace de son arme, sa vie ne comptait pas, pas plus que celle des autres victimes.

Son sort sans doute allait être le même.

Mais cette vie comptait pour Arnaud BELTRAME. Elle comptait même plus que tout car elle était comme toute vie la source de sa vocation de servir.

Accepter de mourir pour que vivent des innocents, tel est le cœur de l’engagement du soldat. Être prêt à donner sa vie parce que rien n’est plus important que la vie d’un concitoyen, tel est le ressort intime de cette transcendance qui le portait. Là était cette grandeur qui a sidéré la France.

Le lieutenant-colonel BELTRAME avait démontré par son parcours exceptionnel que cette grandeur coulait dans ses veines. Elle irradiait de sa personne. Elle lui valait l’estime de ses chefs, l’amitié de ses collègues et l’admiration de ses hommes.

A cet instant toutefois d’autres, même parmi les braves, auraient peut-être transigé ou hésité. Mais le lieutenant-colonel BELTRAME s’est trouvé face à la part la plus profonde et peut-être la plus mystérieuse de son engagement.

Il a pris une décision qui n’était pas seulement celle du sacrifice, mais celle d’abord de la fidélité à soi-même, de la fidélité à ses valeurs, de la fidélité à tout ce qu’il avait toujours été et voulu être, à tout ce qui le tenait.

Ce choix lui ressemblait tellement que sa mère apprenant qu’un gendarme accomplissait ce geste a instinctivement, presque charnellement reconnu son fils. Elle a su que c’était lui avant même de savoir.

Lucide, déterminé, le lieutenant-colonel BELTRAME a pris auprès du terroriste la place de l’otage.

Il était un peu moins de midi.

Un soldat aussi aguerri, gendarme d’élite, cité au combat en Irak, sentait surement qu’il avait rendez-vous avec la mort ; mais il avait rendez-vous avant tout et plus encore avec sa vérité d’homme, de soldat, de chef.
Ce fut la source de son immense courage : pour ne pas manquer aux autres, il faut ne pas se manquer à soi-même. Le lieutenant-colonel BELTRAME a fait ce choix parce qu’il se serait éternellement reproché de ne pas l’avoir fait.

Je sais ce que peuvent ressentir ceux qui étaient à ses côtés ce jour là. Ils revoient s’écouler lentement les minutes qui ont conduit à cette décision, ils revoient le lieutenant-colonel BELTRAME déposer son arme, lever les bras et s’avancer, seul, vers le terroriste. Ils savent désormais que tout s’est joué là. Ils savent aussi qu’il n’aurait laissé sa place à personne car l’exemple vient du chef, et l’exemplarité était pour lui comme pour chacun d’entre vous une vertu cardinale.

Au cœur de tout vrai courage se trouve une grande force morale. Elle ne se discute pas, elle pousse à agir. Avant même ce 23 mars, le lieutenant-colonel BELTRAME était de ces fils que la France s’honore de compter dans ses rangs. L’hommage que la patrie lui rend en ce jour, nous le rendons aussi aux actions remarquables qui avaient jalonné sa carrière, comme elles jalonnent la vie de tant de ses camarades au sein de nos armées.

Dés sa sortie de l’école Saint-Cyr, il avait choisi la gendarmerie. Il en avait fait sa seconde famille, parce qu’elle était proche de la vie de ses concitoyens, et qu’elle exigeait de lui, chaque jour, l’excellence.

Une gendarmerie qui paie chaque année son tribut à la sécurité et à la protection des Français. Une gendarmerie qui, cette fois encore, s’est illustrée par sa maîtrise et sa force.

Et je rends ici hommage aux forces de gendarmerie de l’Aude, à leur chef, le colonel Sébastien GAY, au chef du GIGN de l’antenne de Toulouse et à ses hommes, dont deux ont été blessés en menant l’assaut. Tous sont durement éprouvés par la perte de leur camarade.

Je sais, et les Français savent qu’ils ont tout fait pour que le pire n’advienne pas, comme leurs camarades de la police et du renseignement et de tous les services de la préfecture.

Les Français n’oublient pas non plus le tribut payé par toutes nos forces de sécurité sur le sol national, et par nos armées sur les théâtres extérieurs. Tous ont droit à notre respect inconditionnel.

Et tous – je le sais – partagent la certitude profonde qui animait le lieutenant-colonel BELTRAME : celle que son destin ne lui appartenait pas tout à fait, qu’il avait partie liée avec quelque chose de plus élevé que lui-même. Car il était un engagé, et il avait juré de faire corps avec un idéal plus grand et plus haut.

Et cet idéal, c’était le service de la France.

Dès que nous eûmes appris son geste, à l’issue incertaine, nous tous, Français, avons tremblé d’un frisson singulier.

L’un d’entre nous venait de se dresser.

Droit, lucide, et brave, il faisait face à l’agression islamiste, face à la haine, face à la folie meurtrière, et avec lui surgissait du cœur du pays l’esprit français de résistance, par la bravoure d’un seul entraînant la Nation à sa suite.

Cette détermination inflexible face au nihilisme barbare convoqua aussitôt dans nos mémoires les hautes figures de Jean Moulin, de Pierre Brossolette, des Martyrs du Vercors et des combattants du maquis. Soudain se levèrent obscurément dans l’esprit de tous les Français, les ombres chevaleresques des cavaliers de Reims et de Patay, des héros anonymes de Verdun et des Justes, des compagnons de Jeanne et de ceux de Kieffer – enfin, de toutes ces femmes et de tous ces hommes qui, un jour, avaient décidé que la France, la liberté française, la fraternité française ne survivraient qu’au prix de leur vie, et que cela en valait la peine.

Car l’intolérable, jamais ne peut l’emporter.

Le camp de la liberté, celui de la France, est confronté aujourd’hui à un obscurantisme barbare, qui n’a pour programme que l’élimination de nos libertés et de nos solidarités. Les atours religieux dont il se pare ne sont que le dévoiement de toute spiritualité, et la négation même de l’esprit. Car il nie la valeur que nous donnons à la vie. Valeur niée par le terroriste de Trèbes. Valeur niée par le meurtrier de Mireille KNOLL, qui a assassiné une femme innocente et vulnérable parce qu’elle était juive, et qui ainsi a profané nos valeurs sacrées et notre mémoire.

Non, ce ne sont pas seulement les organisations terroristes, les armées de Daesh, les imams de haine et de mort que nous combattons. Ce que nous combattons, c’est aussi cet islamisme souterrain, qui progresse par les réseaux sociaux, qui accomplit son œuvre de manière invisible, qui agit clandestinement, sur des esprits faibles ou instables, trahissant ceux-là mêmes dont il se réclame, qui, sur notre sol, endoctrine par proximité et corrompt au quotidien. C’est un ennemi insidieux, qui exige de chaque citoyen, de chacun d’entre nous, un regain de vigilance et de civisme.

Il s’agit là, et depuis plusieurs années, d’une nouvelle épreuve.

Mais notre peuple en a surmonté beaucoup d’autres. C’est pourquoi il surmontera celle-ci aussi, sans faiblesse, et sans emportement, avec lucidité et avec méthode. Nous l’emporterons grâce au calme et à la résilience des Français ; peuple rompu aux morsures de l’histoire, patient dans le combat, confiant dans le triomphe ultime du droit et de la justice, comme si souvent l’a montré notre longue et belle histoire.

Nous l’emporterons par la cohésion d’une Nation rassemblée.

Pendant ces heures interminables, s’achevant par la mort du terroriste et le transfert du lieutenant-colonel vers l’hôpital de Carcassonne, dans la salle de commandement du ministère de l’Intérieur, nous avons tous espéré.

Chef des armées, j’ai moi aussi, ô combien, espéré. Le petit matin, hélas, nous a porté la nouvelle de sa mort comme un coup au cœur.

Pourtant, malgré la tristesse, malgré le sentiment d’injustice, la lueur qu’il a allumée en nous ne s’est pas éteinte, elle s’est au contraire propagée.

Alors que le nom de son assassin déjà sombrait dans l’oubli, le nom d’Arnaud BELTRAME devenait celui de l’héroïsme français, porteur de cet esprit de résistance qui est l’affirmation suprême de ce que nous sommes, de ce pour quoi la France toujours s’est battue, de Jeanne d’Arc au Général De Gaulle : son indépendance, sa liberté, son esprit de tolérance et de paix contre toutes les hégémonies, tous les fanatismes, tous les totalitarismes.

Puisse son engagement nourrir la vocation de toute notre jeunesse, éveiller ce désir de servir à son tour cette France pour laquelle un de ses meilleurs enfants, après tant d’autres, vient de donner héroïquement sa vie, clamant à la face des assoupis, des sceptiques, des pessimistes :

Oui, la France mérite qu’on lui donne le meilleur de soi.

Oui, l’engagement de servir et de protéger peut aller jusqu’au sacrifice suprême.

Oui, cela a du sens, et donne sens à notre vie.

Et je dis à cette jeunesse de France, qui cherche sa voie et sa place, qui redoute l’avenir, et se désespère de trouver en notre temps de quoi rassasier la faim d’absolu, qui est celle de toute jeunesse : l’absolu est là, devant nous.

Mais il n’est pas dans les errances fanatiques, où veulent vous entraîner des adeptes du néant, il n’est pas dans le relativisme morne que certains autres proposent. Il est dans le service, dans le don de soi, dans le secours porté aux autres, dans l’engagement pour autrui, qui rend utile, qui rend meilleur, qui fait grandir et avancer.

Telle est la voie montrée par Arnaud BELTRAME.

Cet engagement, je le retrouve chez nos militaires, nos pompiers, nos policiers, nos personnels soignants, nos professeurs, tous nos fonctionnaires engagés partout sur le terrain. Chaque étincelle en est précieuse en notre pays.

En sauvant cette jeune femme, le lieutenant-colonel Arnaud BELTRAME a conjuré l’esprit de renoncement et d’indifférence qui parfois menace. Il a montré que le socle vivant de la République, c’est la force d’âme.

Je le dis à son épouse, à sa mère, à ses frères, la leçon qu’il nous a offerte est, je le sais, d’un prix inacceptable, même si c’est le prix que chaque soldat est prêt à payer.

La gratitude de la patrie et les honneurs rendus ne vous ramèneront pas l’être que vous aimiez tant et dont toute la France a découvert ces derniers jours, le goût du bonheur, l’amour qu’il portait à sa famille, le sens de l’amitié. Ce héros était un homme avec son histoire, ses liens, ses sentiments, ses questionnements et lui-même avait ses héros, qui étaient les grands soldats français.

Arnaud BELTRAME rejoint aujourd’hui le cortège valeureux des héros qu’il chérissait.

Il vivra en vous, par vous, dans votre souvenir, dans vos prières ; mais ce que nous vous devons, c’est qu’il ne soit pas mort en vain, que sa leçon demeure gravée dans le cœur des Français.

Sa mémoire vivra. Son exemple demeurera. J’y veillerai ; je vous le promets.

Votre sacrifice, Arnaud BELTRAME nous oblige

Il nous élève. Il dit comme aucun autre ce qu’est la France, ce qu’elle ne doit jamais cesser d’être et qu’elle ne cessera jamais d’être tant que des femmes et des hommes décideront de la servir avec le courage, le sens de l’honneur, l’amour de la patrie que vous avez démontrés.

A ces mots, vous avez donné l’épaisseur de votre vie et les traits de votre visage.

Au moment du dernier adieu, je vous apporte la reconnaissance, l’admiration et l’affection de la Nation toute entière.

Je vous fais Commandeur de la légion d’honneur.

Et je vous nomme colonel de gendarmerie.

Vive la République.

Vive la France.

26/03/2018 Communiqué de Joël MERGUI, Président du Consistoire

Paris, le 26 mars 2018

Nouveau meurtre antisémite à Paris : Mireille KNOLL (zal) 85 ans

Alors que nous sommes encore sous le choc de l’attentat terroriste de Trèbes et que nous rendons nous aussi hommage à l’héroïsme du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame, notre communauté porte aujourd’hui le deuil de Mme Mireille KNOLL (zal), une coreligionnaire de 85 ans, assassinée chez elle, vendredi soir.

Après l’incendie criminel de son appartement, avenue Philippe Auguste, le corps de Madame Mireille KNOLL (zal) a été retrouvé sauvagement poignardé de 11 coups de couteaux, quelques heures avant l’entrée de chabbat.

L’horreur de ce crime barbare nous rappelle douloureusement le meurtre de Sarah HALIMI, dont le mobile antisémite vient seulement d’être reconnu par la juge d’instruction près d’un an après les faits, survenus dans ce même 11ème arrondissement de PARIS, qui compte historiquement une forte communauté juive.

Depuis la sortie de chabbat, je suis en étroite relation avec le Ministre de l’Intérieur, le Préfet de Police de Paris et le Procureur de la République et  je remercie la police et les autorités judiciaires pour le discernement dont ils ont fait preuve pour établir, sans délai, la circonstance aggravante d’antisémitisme du mobile des deux prévenus appréhendés peu après le drame.

Nous appelons, le Consistoire, le Crif et toutes les institutions juives toutes les personnes et associations concernées par la lutte contre l’antisémitisme à participer à la marche blanche en mémoire de Madame Mireille KNOLL (zal), mercredi 28 mars à 18h30, au départ de la place de la Nation, vers l’avenue Philippe Auguste.

Le Consistoire va bien entendu se porter partie civile.

Les attentats islamistes qui frappent partout les Français ne doivent pas faire oublier que la communauté juive reste une cible latente privilégiée de tous ceux qui haïssent la République et ses valeurs. La liste s’allonge dramatiquement. Le moment est grave, car ce nouvel acte antisémite confirme le changement de mode opératoire de ceux qui menacent les juifs français désormais assassinés ou agressés à leur domicile.

Suivi à 20h00

Cérémonie d’hommage
à la mémoire de Mireille Knoll (zal)
en présence de ses enfants et petits-enfants

Grande Synagogue des Tournelles
21 bis rue des Tournelles – 75003 Paris

Un enfant juif de 8 ans violemment agressé à Sarcelles par deux individus d’origine africaine…

Un enfant juif âgé de huit ans a été violemment agressé à Sarcelles par deux individus d’origine africaine, révèle le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA).

“Le BNVCA condamne sans réserve l’agression antisémite commise sur un enfant de 8 ans de confession juive, à Sarcelles, le 29 Janvier vers 18h30, par 2 individus décrits d’origine africaine. La victime, N. Cohen, a été attaquée alors qu’elle se rendait à un cours de soutien. Il portait une kippa au moment des faits, ce qui ne laisse aucun doute sur la nature antisémite de cette agression, d’autant que les auteurs ne lui ont rien dérobé. Ces derniers l’ont fait tomber au sol et lui ont donné des coups de pieds au corps. Le BNVCA s’étonne que dans ce secteur, fréquenté à cette heure de la journée, aucun des passants, témoins, n’ait porté secours à cet enfant”, indique l’organisation juive dans un communiqué.

“Nous espérons que cette fois, les caméras vidéo surveillance seront exploitées par les policiers et que les auteurs seront rapidement identifiés et interpellés. Le BNVCA demande au Préfet du Val d’Oise de mettre en place des mesures préventives (Plan Sentinelle, patrouilles pédestres  de police et militaires…) dans ce quartier sensible de Sarcelles où vit encore un grand nombre de familles juives. Le BNVCA traduit le sentiment d’exaspération exprimé  des nombreux citoyens juifs, indignés, irrités, et lassés par cette insécurité antisémite et situation délétère qui perdurent. Le BNVCA a décidé de se constituer partie civile dan ce dossier”, poursuit le communiqué.

Sarah Halimi : la juge ne donne pas suite à une demande de requalification antisémite…

La juge en charge de l’enquête sur l’assassinat de Sarah Halimi n’a pas donné suite à une demande du parquet de Paris pour retenir le caractère antisémite et a rejeté lundi une demande similaire des parties civiles.

L’avocat des enfants de cette femme juive, morte défenestrée par son voisin musulman en avril 2017 à Paris, avait réclamé en décembre la requalification des faits en “assassinats” et avec la circonstance aggravante de l’antisémitisme.

Selon la juge d’instruction,  les parties civiles n’étaient pas fondées à demander dans ce cadre une requalification de la mise en examen.

Le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) a qualifié “d’insulte à la mémoire de Sarah Halimi” la décision de la juge d’instruction.

Le Président du Consistoire Joël Mergui inquiet de la récente accumulation d’actes antisémites

Ces dernières semaines, la France a été le théâtre d’une forte recrudescence d’actes antisémites qui ne cesse de nous inquiéter et de susciter une vive émotion au sein de la communauté juive :

– Croix gammées peintes sur les devantures de magasins casher à Créteil

– Incendie d’un magasin casher à Créteil

– Agression d’une jeune écolière juive à Sarcelles qui s’est fait taillader le visage

– Courrier de menace de mort reçu à la synagogue de La Varenne St-Hilaire (94)

– Mise en vente d’objets faisant l’apologie du 3ème Reich sur le site « Le Bon Coin »

Cela sans compter les innombrables messages antisémites qui polluent les réseaux sociaux et internet, ni la poursuite de nombreuses manifestations de soutien au mouvement BDS, pourtant interdites par la loi.

Le Président du Consistoire a alerté le Ministre de l’Intérieur de cette situation afin que tout soit mis en œuvre pour enrayer cette dangereuse spirale. Une rencontre est prévue dans les prochains jours.

Par ailleurs, plus de neuf mois après le terrible assassinat de Sarah Halimi (zal), la justice de notre pays n’a toujours pas retenu la circonstance aggravante d’antisémitisme, et ce malgré tant le rapport d’expertise psychiatrique que le réquisitoire du Procureur de la République en date du 20 septembre, dans lequel il demandait au juge d’instruction de requalifier les faits dans ce sens. Le Consistoire s’interroge sur les raisons qui, à ce jour, ont conduit le magistrat instructeur à ne pas suivre les réquisitions du Parquet.

Dicours de notre Rabbin pour les voeux intercommunautaires au Maire de Sucy

Discours de Shimon Tapiero, Rabbin de Sucy-en-Brie

Dimanche 28 janvier 2018 pour les Vœux du Maire

– Madame le Maire

– Mesdames et Messieurs les Elus

– Chers Amis

Je me suis souvent posé la question de savoir quelle était la signification de cette cérémonie de vœux ?

Bien sûr, celle tout d’abord, Madame le Maire, de vous dire au nom de la Communauté Juive de Sucy, à vous, à vos proches, à votre famille, à tous les élus, à toute l’équipe municipale de Sucy-en-Brie notre profonde gratitude à votre travail et à celle de votre équipe, saluer toutes vos réalisations, pour le travail visible et celui aussi de l’ombre. Nos remerciements à toutes celles et ceux qui œuvrent quotidiennement pour notre bienêtre, l’entretien de notre belle ville de Sucy, sa sécurité, sa cohésion, sa richesse plurielle, sa diversité respectée, pour tous vos encouragements et votre soutien aux différentes communautés, l’exemplarité de nos rencontres, de notre dialogue qui nous enrichit mutuellement.

A l’aube de cette nouvelle année civile, nos pensées vont aussi à ceux qui œuvrent dans l’ombre et assurent nos services municipaux.

Pour notre part, nous avons toujours dénoncé le danger de l’enfermement, dans l’isolement, dans le narcissisme, dans l’auto satisfaction, dans la complaisance nombriliste, dans le repli sur soi. Il y a toujours, Madame le Maire, urgence en ce début de siècle à établir et à renforcer là où il existe, le dialogue entre les cultures, entre les peuples, les civilisations et les croyances. Une culture fermée est une culture qui s’éteint. Les sociétés se meurent dans le monologue, dans l’enfermement, dans la crispation, elles meurent de leurs propres certitudes.

Madame le Maire, nous poursuivrons avec votre aide ce dialogue et notre participation avec nos amis chrétiens et musulmans, qui enrichissent notre cité.

Cet engagement à poursuivre partout le chemin de la Paix et de la réconciliation comme nous l’enseigne la tradition juive. L’homme ne peut se préoccuper exclusivement de ses intérêts, il doit aller à la rencontre d’autrui dans un effort de sensibilités.

Que 2018 soit pour vous, Madame le Maire, pour nous tous et toutes chers amis, une année de santé, de douceurs, de réussite et d’audaces, de rencontres, de Paix et de créativité.

Recette de la traditionnelle confiture de coings

La confiture de coings

Ingrédients :

3 à  4 beaux coings, ½ citron, sucre en poudre, vanille.

Mise en place :

Bien laver et éplucher les coings.

Avec un couteau bien tranchant couper le coing en 2 dans le sens de la largeur.

C`est assez difficile a faire, car le cœur du coing est très dur.

Pour ne pas que ca glisse, aidez vous d`un torchon a disposer en dessous.

Ensuite couper en 2, puis en quartier.

Plonger les morceaux de coing au fur et a mesure dans 2 ou 3 verres d`eau avec 1/2 citron pressé.

Quand tous les morceaux de coing sont prêts, les disposer dans une casserole avec l`eau citronnée.

Ajouter de l`eau a hauteur si nécessaire, puis ajouter le sucre et la vanille. Remuer un peu.

Poser sur feu doux. A partir de l`ébullition, remuer encore une fois, puis laisser mijoter.

Ecumer de temps en temps.

La confiture va prendre une couleur rouge orangée.

La confiture est prête lorsqu`elle fait beaucoup de mousse même à petit feu.

Verser la confiture dans un pot a confiture ou un bocal hermétique préalablement plongé dans de l`eau bouillante pendant 5 a 10 mn puis égoutté sur un torchon très propre afin qu`il refroidisse.

On peut saupoudrer de grain de sésame le dessus.

Fermer le bocal ou le pot tant que la confiture est encore chaude.

Apres ouverture, conserver la confiture au frigo.

Discours de bonne année 5778 de la Communauté Chrétienne de Sucy en Brie

Le 22 septembre 2017,

Roch Hachana 5778 à Sucy en Brie,

Merci une fois de plus, à vous tous ici présents, (M. le Président et/ou Mr le Rabin,) de nous accueillir chez vous dans votre synagogue à l’occasion des fêtes de Tichri et plus particulièrement pour Roch Hachana.

Sachez que c’est la 25ème année consécutive, que les communautés chrétiennes sont invitées, au cours de cette période, à tisser ou à renforcer des liens amicaux avec des personnes ou des communautés juives de leur entourage, par l’envoi de cartes de vœux et d’affiches. C’est pourquoi nous pouvons ainsi à chaque nouvel an juif vous remettre cette affiche fruit du travail de représentants de la communauté catholique et de représentants de la fédération protestante de France.

La citation biblique qui figure sur cette affiche dit :  « Chaque jour je te bénirai, je louerai ton nom toujours et à jamais ». Cette citation extraite du Psaume 145 (144) au verset 2 est une prière de louange (tehillah), attribuée au roi David. Elle clôt la petite collection des psaumes davidiques (Ps 138-145) et ouvre l’horizon à l’Alléluia final, qui se déploie des Ps 146 à 150. D’ailleurs la tradition rabbinique a choisi ce psaume comme hymne le matin de Shabbat. Et le tamuld de Babylone (Berakhôt, 4b) nous dit : « Celui qui récite trois fois par jour la tehillah de David est assuré de devenir un fils du monde futur… »

En cette année qui se termine, nous voudrions faire souvenir d’ « un fils du monde futur » le Cardinal Lustiger (de mémoire bénie) qui nous a quitté, il y a dix ans en 2007. Nous juifs et chrétiens nous nous souvenons que c’est ici à Sucy qu’il a donné sa dernière conférence publique. Il traçait déjà la route d’après les retrouvailles : « L’avenir commun entre juifs et chrétiens ne se réduit pas à limiter le contentieux possible. Il ne peut se contenter d’une pacifique compréhension mutuelle, ni même d’une solidarité dans le service de l’humanité. Cet avenir demande un travail sur ce qui est commun, comme sur ce qui sépare, travail désormais possible car fondé sur la certitude d’une amitié voulue de Dieu. Que les différences et les tensions deviennent un stimulant pour un approfondissement toujours plus attentif et docile au mystère dont l’histoire nous constitue les héritiers en indivis. »1 J’aime particulièrement cette expression du Cardinal « héritiers en indivis » car elle parle non seulement de la fraternité dont nous avons hérité mais aussi de la fraternité que nous devons faire advenir.

Cette leçon de fraternité est décrite dans un passage de la Michna : « Un rabbin demandait : “à quoi peut-on reconnaître le moment précis où s’achève la nuit et où commence le jour ?”  À cette question, une première réponse fut donnée, “quand on peut distinguer de loin un chien d’un mouton”. “Non”, dit le Rabbin. “Quand on distingue un dattier d’un figuier”. “Non”, dit-il encore. Mais alors, à quel instant ? “C’est, explique-t-il, lorsqu’en regardant le visage de n’importe quel être humain, tu reconnais en lui ton frère ou ta sœur. Alors tu peux être sûr que le jour s’est levé. Mais, jusque-là, il fait nuit dans ton cœur” ».

Les fêtes de Tichri sont sous le signe de la Teshouva, du retour, de la metanoïa, de la purification de la mémoire, « d’une préparation spirituelle primordiale » dirait votre rabbin. Sachez qu’aujourd’hui les chrétiens recherchent : « La conversion et la guérison qui consistent à vivre la gratitude pour la miséricorde reçue, à vivre la recherche de Dieu dans le dialogue, à vivre le pardon comme mission et responsabilité fraternelle.  Sachez qu’aujourd’hui les chrétiens recherchent : • « La bénédiction au lieu de la malédiction, l’amour au lieu du rejet, la promesse partagée au lieu de la substitution. »2 Aujourd’hui juifs et chrétiens nous nous devons de travailler à une fraternité apaisée, une fraternité pacifiée. En effet « La fraternité pacifiée des héritiers fait fructifier l’héritage messianique et contribue à l’achèvement de l’histoire. Elle prépare la plénitude spirituelle de l’humanité à l’école de la bonté du Père. »3 Pour cela juifs et chrétiens peuvent s’apporter une aide mutuelle pour que se renouvelle pour chacun l’amour de la Loi dans sa plénitude.

Cette fraternité nous essayons de la vivre au niveau local à Sucy en Brie. Chaque année l’AJCF du Val de Marne vous propose des conférences à deux voix : une voie juive et une voix chrétiennes, conférences de qualité qui veulent traiter de thèmes et de question du temps présents: religion et fondamentalisme, éducation et transmission, religion contrainte ou liberté…

Cette fraternité qui demande des efforts et de la fidélité a besoin d’être encouragée car elle ne repose que sur les épaules de quelques uns. Nous avons tous des obligations mais nous pouvons une fois de temps en temps faire une exception. Cela serait pour nous un encouragement de vous voir un peu plus nombreux.

Que cette année soit une année de bonheur. Que cette année soit une année sans agressions, sans attaques de toute sortes. Que cette année soit celle de la Paix en Israël. Que cette année soit une année où nous cherchons ensemble et avec humilité et droiture la trace de la Transcendance. Que l’année qui s’achève avec ses épreuves laisse la place à une année de bénédictions.

תכלה שנה וקללותיה, תחל שנה וברכותיה  שנה טובה ומתוקה

Chana Tova

Que l’Eternel vous bénisse.

Pierre Girard,  président de l’AJC du Val de Marne